Mathématiques — Terminale spécialité

La continuité

Continuité · dérivabilité · point fixe · valeurs intermédiaires · bijection · dichotomie

Ce chapitre prolonge celui sur les limites de fonctions. L'idée intuitive : une fonction est continue sur un intervalle lorsque sa courbe se trace sans lever le crayon.

1Continuité en un point, sur un intervalle

Définitions

Soit $f$ une fonction définie sur un intervalle $I$ et $a$ un réel de $I$.

• $f$ est continue en $a$ si $\displaystyle\lim_{x\to a}f(x)=f(a)$.

• $f$ est continue sur $I$ si elle est continue en tout point de $I$.

xya
$f$ est continue en $a$ : pas de « trou », pas de « saut ».
xya
$f$ n'est pas continue en $a$ : la courbe fait un saut.
Interprétation graphique. $f$ est continue sur un intervalle $I$ lorsque sa courbe sur $I$ est « d'un seul morceau ». En pratique, pour $a$ intérieur à $I$, cela revient à vérifier que la limite à gauche et la limite à droite en $a$ sont toutes deux égales à $f(a)$.
Méthode 1 — Montrer qu'une fonction n'est pas continue en un point

Soit $f$ définie sur $\mathbb{R}$ par $f(x)=\begin{cases}\frac{1}{2}x-3 & \text{si } x\leqslant -2\\[2pt] x+1 & \text{si } x>-2\end{cases}$. Montrons que $f$ n'est pas continue en $-2$.

Valeur en $-2$ : $f(-2)=\frac{1}{2}\times(-2)-3=-4$.

Limite à droite : pour $x>-2$, $f(x)=x+1$, donc $\displaystyle\lim_{x\to -2^+}f(x)=-2+1=-1$.

Conclusion : $\displaystyle\lim_{x\to -2^+}f(x)=-1\neq f(-2)=-4$, donc $f$ n'est pas continue en $-2$.

xy−6−4−224−6−4−224saut
Méthode 2 — Étudier la continuité d'une fonction définie par morceaux

Soit $f$ définie sur $\mathbb{R}$ par $f(x)=\begin{cases}-x+2 & \text{si } x<3\\[2pt] x-4 & \text{si } 3\leqslant x<5\\[2pt] -2x+13 & \text{si } x\geqslant 5\end{cases}$. $f$ est-elle continue sur $\mathbb{R}$ ?

Sur chaque morceau. $x\mapsto -x+2$, $x\mapsto x-4$ et $x\mapsto -2x+13$ sont des fonctions affines, donc continues. $f$ est continue sur $]-\infty\,;3[$, sur $]3\,;5[$ et sur $]5\,;+\infty[$.

En 3. $\displaystyle\lim_{x\to 3^-}f(x)=-3+2=-1$ et $f(3)=3-4=-1$ ; la limite à droite vaut aussi $-1$. Donc $f$ est continue en 3.

En 5. $\displaystyle\lim_{x\to 5^-}f(x)=5-4=1$ mais $f(5)=-10+13=3$. Comme $1\neq 3$, $f$ n'est pas continue en 5.

Conclusion : $f$ n'est pas continue sur $\mathbb{R}$ ; elle est continue sur $]-\infty\,;5[$ et sur $[5\,;+\infty[$.

xy1234567−1123raccordsaut
La courbe se trace d'un trait jusqu'à $x=5$, puis il faut lever le crayon.

2Fonctions usuelles et opérations

Propriété (admise) — Continuité des fonctions usuelles
FonctionContinue sur
$x\mapsto x^n$ ($n\in\mathbb{N}$), et plus généralement les polynômes$\mathbb{R}$
$x\mapsto \dfrac{1}{x^n}$ ($n\in\mathbb{N}^\ast$)$]-\infty\,;0[$ et $]0\,;+\infty[$
$x\mapsto\sqrt{x}$$[0\,;+\infty[$
$x\mapsto |x|$$\mathbb{R}$
$x\mapsto e^x$$\mathbb{R}$
$x\mapsto\cos x$, $\ x\mapsto\sin x$$\mathbb{R}$
Théorème (admis) — Opérations

Soit $f$ et $g$ deux fonctions continues sur un intervalle $I$.

• $f+g$, $f-g$ et $f\times g$ sont continues sur $I$.

• $\dfrac{f}{g}$ est continue en tout point de $I$ où $g(x)\neq 0$.

Composition : si $f$ est continue sur $I$ et $g$ continue sur un intervalle $J$ contenant toutes les valeurs $f(x)$ pour $x\in I$, alors $g\circ f$ est continue sur $I$.

Exemples

• $f(x)=e^{\cos(x^2+1)}$ est continue sur $\mathbb{R}$ : $x\mapsto x^2+1$ (polynôme), $\cos$ et $\exp$ sont continues sur $\mathbb{R}$, donc leur composée aussi.

• $g(x)=\dfrac{\sqrt{x}}{x-2}$ est continue sur $[0\,;2[$ et sur $]2\,;+\infty[$ (quotient de fonctions continues, dénominateur non nul).

Convention. Dans un tableau de variations, les flèches obliques traduisent la continuité et la stricte monotonie de la fonction sur l'intervalle considéré.

3Continuité et dérivabilité

Théorème (admis)

• Si $f$ est dérivable en $a$, alors $f$ est continue en $a$.

• Si $f$ est dérivable sur un intervalle $I$, alors $f$ est continue sur $I$.

Attention — la réciproque est fausse

Une fonction peut être continue en $a$ sans être dérivable en $a$. Deux contre-exemples classiques : $x\mapsto|x|$ en $0$ et $x\mapsto\sqrt{x}$ en $0$.

Exemple — la valeur absolue en 0

$|x|=\begin{cases}x & \text{si } x\geqslant 0\\ -x & \text{si } x<0\end{cases}$

Continuité : $\displaystyle\lim_{x\to 0^-}|x|=\lim_{x\to 0^+}|x|=0=|0|$, donc $|x|$ est continue en $0$.

Dérivabilité : le taux d'accroissement en $0$ vaut $\dfrac{|x|-|0|}{x-0}=\dfrac{|x|}{x}$ :

$\displaystyle\lim_{x\to 0^-}\frac{-x}{x}=-1\ \neq\ \lim_{x\to 0^+}\frac{x}{x}=1$.

Le taux n'a pas de limite en $0$ : $|x|$ n'est pas dérivable en $0$ (la courbe forme un « angle »).

xy−3−2−1123123pente −1pente +1
À retenir — continuité
  • $f$ continue en $a$ $\iff$ $\displaystyle\lim_{x\to a}f(x)=f(a)$.
  • Polynômes, fonctions rationnelles, $\sqrt{\ }$, $|\ |$, $\exp$, $\cos$, $\sin$ sont continues sur leur ensemble de définition, ainsi que leurs sommes, produits, quotients et composées.
  • Dérivable $\Rightarrow$ continue, mais continue $\not\Rightarrow$ dérivable.
  • Pour une fonction définie par morceaux, étudier la continuité aux points de raccord.

4Continuité et suites

4.1 — Suites de la forme $u_n=f(n)$

Propriété

Soit $(u_n)$ définie par $u_n=f(n)$, et $\ell$ un réel ou $\pm\infty$. Si $\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=\ell$, alors $\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=\ell$.

Exemple

$u_n=\sqrt{2+\dfrac{1}{n^2}}$ pour $n\geqslant 1$. On pose $f(x)=\sqrt{2+\dfrac{1}{x^2}}$ sur $]0\,;+\infty[$.

$\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\left(2+\frac{1}{x^2}\right)=2$ et $\displaystyle\lim_{X\to 2}\sqrt{X}=\sqrt{2}$, donc par composition $\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=\sqrt{2}$, et ainsi $\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=\sqrt{2}$.

4.2 — Suites récurrentes : le théorème du point fixe

Théorème du point fixe

Soit $(u_n)$ une suite définie par $u_{n+1}=f(u_n)$ qui converge vers un réel $\ell$.

Si $f$ est continue en $\ell$, alors $\ell$ est solution de l'équation $f(x)=x$.

Pourquoi ? Si $u_n\to\ell$, alors $u_{n+1}\to\ell$. Par continuité de $f$ en $\ell$, $f(u_n)\to f(\ell)$. Comme $u_{n+1}=f(u_n)$, l'unicité de la limite donne $f(\ell)=\ell$.
Méthode — Déterminer la limite d'une suite récurrente

Soit $(u_n)$ définie par $u_0=0$ et $u_{n+1}=\sqrt{3u_n+4}$. On note $f(x)=\sqrt{3x+4}$, définie et continue sur $\left[-\frac{4}{3}\,;+\infty\right[$.

1. Encadrement et monotonie (récurrence). Montrons que pour tout $n$ : $0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 4$.
Initialisation : $u_0=0$ et $u_1=\sqrt{4}=2$, donc $0\leqslant u_0\leqslant u_1\leqslant 4$.
Hérédité : si $0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant 4$, comme $f$ est croissante : $f(0)\leqslant f(u_n)\leqslant f(u_{n+1})\leqslant f(4)$, soit $2\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 4$, d'où $0\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 4$.

2. Convergence. $(u_n)$ est croissante et majorée par $4$ : d'après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel $\ell\in[0\,;4]$.

3. Point fixe. $f$ est continue en $\ell$, donc $f(\ell)=\ell$ : $$\sqrt{3\ell+4}=\ell\iff \begin{cases}\ell\geqslant 0\\ 3\ell+4=\ell^2\end{cases}\iff \begin{cases}\ell\geqslant 0\\ \ell^2-3\ell-4=0\end{cases}$$ Le trinôme a pour racines $-1$ et $4$. Comme $\ell\geqslant 0$ : $\boxed{\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_n=4}$.

Attention

Le théorème du point fixe ne prouve pas la convergence : il faut d'abord établir que la suite converge (par exemple avec le théorème de convergence monotone), puis chercher $\ell$ parmi les solutions de $f(x)=x$.

5Théorème des valeurs intermédiaires

5.1 — Lecture d'un tableau de variations

Exemple — nombre de solutions de $f(x)=k$

Une fonction $f$ a le tableau de variations suivant (les flèches signifient que $f$ est continue et strictement monotone sur chaque intervalle).

xf−4−3−11−13−119

a) $f(x)=18$ : sur $[-4\,;-1]$, $f(x)\leqslant 3$ donc pas de solution ; sur $[-1\,;1]$, $f$ passe de $-1$ à $19$ : une solution, dans $]-1\,;1[$.

b) $f(x)=0$ : trois solutions, une dans chacun des intervalles $]-4\,;-3[$, $]-3\,;-1[$ et $]-1\,;1[$.

c) $f(x)=-3$ : le minimum de $f$ est $-1$, donc aucune solution.

d) $f(x)=3$ : deux solutions, $x=-3$ et une autre dans $]-1\,;1[$.

5.2 — Le théorème

Théorème des valeurs intermédiaires (TVI) — admis

Soit $f$ une fonction continue sur un intervalle $[a\,;b]$.

Pour tout réel $k$ compris entre $f(a)$ et $f(b)$, l'équation $f(x)=k$ admet au moins une solution dans $[a\,;b]$.

xyc₁c₂c₃abf(a)f(b)k
$k$ est compris entre $f(a)$ et $f(b)$ : l'équation $f(x)=k$ a ici trois solutions $c_1$, $c_2$, $c_3$.
Cas particulier $k=0$

Si $f$ est continue sur $[a\,;b]$ et si $f(a)$ et $f(b)$ sont de signes contraires, alors l'équation $f(x)=0$ admet au moins une solution dans $[a\,;b]$.

Attention

• L'hypothèse de continuité est indispensable : sur la figure du saut (partie 1), certaines valeurs ne sont jamais atteintes.

• Le TVI donne l'existence, pas l'unicité, et ne dit pas où se trouve la solution.

Méthode — Prouver l'existence d'une solution

Exemple 1. $f(x)=x^3-4x^2+6$. Montrons que $f(x)=2$ admet au moins une solution sur $[-1\,;4]$.

$f$ est continue sur $[-1\,;4]$ (polynôme).

$f(-1)=-1-4+6=1$ et $f(4)=64-64+6=6$. Donc $2$ est compris entre $f(-1)$ et $f(4)$.

D'après le TVI, l'équation $f(x)=2$ admet au moins une solution dans $[-1\,;4]$.


Exemple 2. $g(x)=x+\sqrt{x}-8$ sur $[0\,;10]$.

$g$ est continue sur $[0\,;10]$ comme somme de fonctions continues.

$g(0)=-8<0$ et $g(10)=2+\sqrt{10}>0$ : ils sont de signes contraires.

D'après le TVI, l'équation $g(x)=0$ admet au moins une solution dans $[0\,;10]$.

6Corollaire : unicité de la solution

Corollaire du TVI (théorème de la bijection)

Soit $f$ une fonction continue et strictement monotone sur $[a\,;b]$.

Pour tout réel $k$ compris entre $f(a)$ et $f(b)$, l'équation $f(x)=k$ admet une unique solution dans $[a\,;b]$.

xyabcf(a)f(b)k
Une courbe strictement croissante coupe la droite $y=k$ une seule fois.
Extension. Le corollaire reste vrai sur un intervalle ouvert ou non borné ($]a\,;b[$, $[a\,;+\infty[$, $\mathbb{R}$…) en remplaçant $f(a)$ et $f(b)$ par les limites de $f$ aux bornes de l'intervalle.

Par exemple, si $f$ est continue et strictement croissante sur $\mathbb{R}$, avec $\displaystyle\lim_{-\infty}f=-\infty$ et $\displaystyle\lim_{+\infty}f=+\infty$, alors tout réel $k$ admet un unique antécédent.
Méthode — Démontrer qu'une équation admet une unique solution

Soit $f(x)=x^3+x-1$ sur $\mathbb{R}$. Montrons que $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$, et encadrons-la à l'unité.

1. Continuité : $f$ est continue sur $\mathbb{R}$ (polynôme).

2. Stricte monotonie : $f'(x)=3x^2+1>0$ pour tout $x$, donc $f$ est strictement croissante sur $\mathbb{R}$.

3. Valeurs aux bornes : $\displaystyle\lim_{x\to-\infty}f(x)=-\infty$ et $\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=+\infty$ (limites du terme $x^3$) ; $0$ est bien compris entre ces limites.

4. Conclusion : d'après le corollaire du TVI, l'équation $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ sur $\mathbb{R}$.

Encadrement : $f(0)=-1<0$ et $f(1)=1>0$, donc $\alpha\in\,]0\,;1[$.

À retenir — valeurs intermédiaires
  • TVI : continuité + $k$ entre $f(a)$ et $f(b)$ $\Rightarrow$ au moins une solution.
  • Corollaire : continuité + stricte monotonie + $k$ entre $f(a)$ et $f(b)$ $\Rightarrow$ une unique solution.
  • Sur un intervalle ouvert ou infini, on utilise les limites aux bornes.
  • Rédaction type : continuité, stricte monotonie, $k$ compris entre les valeurs, conclusion.

7Résolution approchée d'une équation

7.1 — Méthode par balayage

Méthode — Encadrer une solution à la calculatrice

Soit $f(x)=x^3-3x^2+2$.

a) Existence et unicité sur $[2{,}5\,;5]$.

$f$ est continue sur $[2{,}5\,;5]$ (polynôme).

$f(2{,}5)=-1{,}125<0$ et $f(5)=52>0$.

$f'(x)=3x^2-6x=3x(x-2)>0$ sur $[2{,}5\,;5]$ : $f$ y est strictement croissante.

D'après le corollaire du TVI, $f(x)=0$ admet une unique solution $\alpha$ dans $[2{,}5\,;5]$.

xy−1123−2−1123α[2,5 ; 5]

b) Encadrement au centième. Avec le tableau de valeurs de la calculatrice, on affine le pas à chaque étape et on repère le changement de signe :

Pas$x$$f(x)$$x$$f(x)$Conclusion
$1$$2$$-2$$3$$2$$2<\alpha<3$
$0{,}1$$2{,}7$$\approx -0{,}187$$2{,}8$$\approx 0{,}432$$2{,}7<\alpha<2{,}8$
$0{,}01$$2{,}73$$\approx -0{,}012$$2{,}74$$\approx 0{,}048$$2{,}73<\alpha<2{,}74$

Conclusion : $\boxed{2{,}73<\alpha<2{,}74}$.

7.2 — Méthode par dichotomie

Principe

On part d'un intervalle $[a\,;b]$ où $f$ change de signe. On calcule le milieu $c=\dfrac{a+b}{2}$ :

• si $f(a)$ et $f(c)$ sont de signes contraires, la solution est dans $[a\,;c]$ : on remplace $b$ par $c$ ;

• sinon, elle est dans $[c\,;b]$ : on remplace $a$ par $c$.

À chaque étape, la longueur de l'intervalle est divisée par 2. On s'arrête quand elle est inférieure à la précision voulue.

Algorithme — encadrement de $\alpha$ solution de $x^3+x-1=0$

On a vu (partie 6) que $\alpha\in\,]0\,;1[$. Le programme Python suivant affine cet encadrement à $10^{-p}$ près :

def f(x):
    return x**3 + x - 1

def dichotomie(a, b, p):
    n = 0
    while b - a >= 10**(-p):
        c = (a + b) / 2
        if f(a) * f(c) < 0:   # changement de signe dans [a ; c]
            b = c
        else:
            a = c
        n = n + 1
    return a, b, n

L'appel dichotomie(0, 1, 6) renvoie $a\approx 0{,}682327$, $b\approx 0{,}682328$ et $n=20$.

Il faut donc 20 itérations pour obtenir $\boxed{0{,}682327<\alpha<0{,}682328}$ (en effet $\dfrac{1}{2^{20}}\approx 9{,}5\times 10^{-7}<10^{-6}$).

À retenir — résolution approchée
  • Toujours justifier l'existence et l'unicité (corollaire du TVI) avant de chercher une valeur approchée.
  • Balayage : tableau de valeurs avec un pas de plus en plus fin, on repère le changement de signe.
  • Dichotomie : on coupe l'intervalle en deux à chaque étape ; après $n$ étapes, sa longueur est $\dfrac{b-a}{2^n}$.