Mathématiques — Première spécialité

La fonction exponentielle

Définition · relation fonctionnelle · nombre e · équations · dérivation · modélisation

Partie 1 · Définition de la fonction exponentielle

1) Propriété et définition

Propriété et définition Il existe une unique fonction \(f\) définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\) telle que \[f' = f \qquad \text{et} \qquad f(0) = 1\] Cette fonction s'appelle la fonction exponentielle et se note \(\exp\).
Conséquences immédiates
  • \(\exp(0) = 1\)
  • \(\big(\exp(x)\big)' = \exp(x)\) pour tout réel \(x\)

L'existence de cette fonction est admise en Première ; en revanche, on peut en démontrer une propriété essentielle, qui servira partout par la suite.

2) L'exponentielle ne s'annule jamais

Propriété Pour tout réel \(x\) : \(\exp(x) \times \exp(-x) = 1\).
En particulier, \(\exp(x) \neq 0\) et \(\exp(-x) = \dfrac{1}{\exp(x)}\).
Démonstration

On considère la fonction \(g\) définie sur \(\mathbb{R}\) par \(g(x) = \exp(x) \times \exp(-x)\).

La fonction \(x \mapsto \exp(-x)\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\), de dérivée \(x \mapsto -\exp(-x)\). Donc \(g\), produit de deux fonctions dérivables, est dérivable et :

\(g'(x) = \exp(x)\exp(-x) + \exp(x) \times \big(-\exp(-x)\big) = 0\)

La dérivée de \(g\) est nulle sur \(\mathbb{R}\) : \(g\) est donc constante. Or \(g(0) = \exp(0) \times \exp(0) = 1 \times 1 = 1\).

Donc \(g(x) = 1\) pour tout réel \(x\), c'est-à-dire \(\exp(x)\exp(-x) = 1\). Un produit égal à \(1\) ne peut pas contenir de facteur nul : \(\exp(x) \neq 0\), et \(\exp(-x) = \dfrac{1}{\exp(x)}\).

3) Signe et variations

Propriétés
  • La fonction exponentielle est strictement positive sur \(\mathbb{R}\) : \(\exp(x) > 0\) pour tout réel \(x\).
  • Elle est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\).
Démonstration

Signe. Pour tout réel \(x\), on écrit \(\exp(x) = \exp\left(\dfrac{x}{2} + \dfrac{x}{2}\right) = \left(\exp\left(\dfrac{x}{2}\right)\right)^2\) (relation fonctionnelle, partie 2). Un carré est toujours positif ou nul, donc \(\exp(x) \geqslant 0\) ; et comme \(\exp(x) \neq 0\), on conclut \(\exp(x) > 0\).

Variations. \(\big(\exp(x)\big)' = \exp(x) > 0\) sur \(\mathbb{R}\) : la dérivée est strictement positive, donc la fonction exponentielle est strictement croissante.

\(x\)\(-\infty\)\(+\infty\)
Signe de \(\big(e^x\big)'\)\(+\)
Variations de \(e^x\)\(0\)↗  (strictement croissante)\(+\infty\)
-3-2-112-112345 (0 ; 1) (1 ; e) y = e^x
La courbe passe par \((0\,;1)\) et \((1\,;e)\), et reste toujours au-dessus de l'axe des abscisses, sans jamais le couper.
Une croissance très rapide \(e^{20} \approx 4{,}9 \times 10^8\), soit près d'un demi-milliard. C'est ce qui explique l'expression courante « croissance exponentielle », employée pour un phénomène dont la croissance s'emballe.

Partie 2 · Relation fonctionnelle et notation \(e^x\)

1) La relation fonctionnelle

Théorème Pour tous réels \(x\) et \(y\) : \[\exp(x + y) = \exp(x) \times \exp(y)\]
Pourquoi c'est fondamental Cette égalité, appelée relation fonctionnelle, transforme une somme en produit (et réciproquement). C'est exactement le comportement des puissances — d'où la notation \(e^x\) introduite plus bas.
Corollaires Pour tous réels \(x\), \(y\) et tout entier \(n\) :
  • \(\exp(-x) = \dfrac{1}{\exp(x)}\)
  • \(\exp(x - y) = \dfrac{\exp(x)}{\exp(y)}\)
  • \(\exp(nx) = \big(\exp(x)\big)^n\)
Démonstration des deux premiers corollaires

a) \(\exp(x)\exp(-x) = \exp\big(x + (-x)\big) = \exp(0) = 1\), donc \(\exp(-x) = \dfrac{1}{\exp(x)}\).

b) \(\exp(x - y) = \exp\big(x + (-y)\big) = \exp(x)\exp(-y) = \exp(x) \times \dfrac{1}{\exp(y)} = \dfrac{\exp(x)}{\exp(y)}\).

2) La notation \(e^x\)

Notation L'image de \(1\) par la fonction exponentielle est notée \(e\) : \(\exp(1) = e\).
Comme \(\exp(x) = \exp(x \times 1) = \big(\exp(1)\big)^x = e^x\), on convient de noter, pour tout réel \(x\) : \[\exp(x) = e^x\]
Propriétés algébriques — le récapitulatif Pour tous réels \(x\), \(y\) et tout entier \(n\) :
ValeursSigneSomme → produitDifférence → quotient OpposéPuissance
\(e^0 = 1\)
\(e^1 = e\)
\(e^x > 0\) \(e^{x+y} = e^x e^y\) \(e^{x-y} = \dfrac{e^x}{e^y}\) \(e^{-x} = \dfrac{1}{e^x}\) \(\big(e^x\big)^n = e^{nx}\)
Ce sont exactement les règles de calcul sur les puissances, déjà connues.
Méthode — simplifier des écritures

Simplifier l'écriture des nombres suivants :

\(A = \dfrac{e^5 \times e^{-2}}{e^{-4}} \qquad B = \big(e^{-3}\big)^4 \times e^{5} \qquad C = \dfrac{1}{\big(e^{-2}\big)^3} + \dfrac{\big(e^{5}\big)^{-1}}{e^{-2} \times e^{-3}} \qquad D = \dfrac{\big(e^{3x}\big)^2}{e^{2x+1} \times e^{x-1}}\)

Correction

\(A = \dfrac{e^{5 + (-2)}}{e^{-4}} = \dfrac{e^{3}}{e^{-4}} = e^{3 - (-4)} = e^{7}\)
\(B = e^{-3 \times 4} \times e^{5} = e^{-12} \times e^{5} = e^{-12 + 5} = e^{-7}\)
\(C = \dfrac{1}{e^{-6}} + \dfrac{e^{-5}}{e^{-5}} = e^{6} + 1\)
\(D = \dfrac{e^{6x}}{e^{(2x+1) + (x-1)}} = \dfrac{e^{6x}}{e^{3x}} = e^{6x - 3x} = e^{3x}\)

Réflexe : on ne « calcule » jamais \(e\) — on ne travaille que sur les exposants, avec les règles des puissances.

Pièges fréquents
  • \(e^{x+y} \neq e^x + e^y\) : la somme des exposants donne un produit.
  • \(\big(e^{x}\big)^{n} = e^{nx}\), à ne pas confondre avec \(e^{x^n}\).
  • \(e^x\) n'est jamais nul : une équation \(e^{\text{quelque chose}} = 0\) n'a aucune solution — pensez-y avant de vous lancer dans des calculs.

Partie 3 · Le nombre \(e\)

Définition \(e = \exp(1) \approx 2{,}718\,281\,828\)
Un peu d'histoire

Comme \(\pi\), le nombre \(e\) est irrationnel : son écriture décimale est infinie et sans période. Il est même transcendant, c'est-à-dire qu'il n'est solution d'aucune équation polynomiale à coefficients entiers. Ce n'est pas le cas de \(\sqrt{2}\), qui est irrationnel mais solution de \(x^2 = 2\) : on dit qu'il est algébrique.

C'est le mathématicien suisse Leonhard Euler (1707–1783) qui étudie le premier ce nombre en profondeur et lui donne son nom — sans doute pour l'initiale d'« exponentielle ». Dans son Introductio in Analysin infinitorum (1748), il propose :

\(e = 1 + \dfrac{1}{1!} + \dfrac{1}{2!} + \dfrac{1}{3!} + \dfrac{1}{4!} + \cdots\)

(rappel : \(4! = 1 \times 2 \times 3 \times 4 = 24\)). Cette formule lui donne \(18\) décimales exactes. On lui doit aussi la démonstration de l'irrationalité de \(e\).

Attention à la notation \(e^2\) a deux lectures équivalentes : « \(e\) élevé au carré » ou « \(\exp(2)\) » — les deux donnent le même nombre. En revanche \(e^{\pi}\) ne peut désigner que \(\exp(\pi)\) : on ne sait pas élever un nombre à une puissance irrationnelle sans l'exponentielle.

Partie 4 · Équations et inéquations

Propriétés Pour tous réels \(a\) et \(b\) :
  • \(e^{a} = e^{b} \iff a = b\)
  • \(e^{a} < e^{b} \iff a < b\)  (et de même avec \(\leqslant\), \(>\), \(\geqslant\))
En particulier : \(e^{a} > 1 \iff a > 0\), et \(0 < e^{a} < 1 \iff a < 0\).
Pourquoi ça marche La fonction exponentielle est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\) : elle conserve l'ordre, et deux réels distincts ne peuvent pas avoir la même image. On peut donc « enlever les exponentielles » des deux côtés sans changer le sens de l'inégalité.
Méthode — résoudre une équation, une inéquation

a) Résoudre dans \(\mathbb{R}\) : \(e^{x^2 - 5} - e^{4x} = 0\).
b) Résoudre dans \(\mathbb{R}\) : \(e^{3x + 2} \leqslant 1\).

Correction

a) On isole d'abord les deux exponentielles :

\(e^{x^2 - 5} = e^{4x}\)
\(x^2 - 5 = 4x\)
\(x^2 - 4x - 5 = 0\)
\(\Delta = (-4)^2 - 4 \times 1 \times (-5) = 36 > 0\)
\(x_1 = \dfrac{4 - \sqrt{36}}{2} = -1 \qquad x_2 = \dfrac{4 + \sqrt{36}}{2} = 5\)

\(\mathcal{S} = \{-1\,;\,5\}\)

b) On écrit \(1\) sous forme exponentielle : \(1 = e^{0}\).

\(e^{3x + 2} \leqslant e^{0}\)
\(3x + 2 \leqslant 0\)
\(x \leqslant -\dfrac{2}{3}\)

\(\mathcal{S} = \left]-\infty\,;\,-\dfrac{2}{3}\right]\)

Réflexe : tout ramener à la forme \(e^{\square} = e^{\square}\) — les constantes s'écrivent \(1 = e^0\), \(e = e^1\), \(\dfrac{1}{e} = e^{-1}\).

Méthode — équation produit

Résoudre dans \(\mathbb{R}\) : \((2x - 6)\,e^{x} = 0\).

Correction

Un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs est nul. Or \(e^x > 0\) pour tout réel \(x\) : le facteur \(e^x\) ne s'annule jamais. Il reste donc \(2x - 6 = 0\), soit \(x = 3\).

\(\mathcal{S} = \{3\}\)

Réflexe : devant un produit ou un quotient contenant \(e^x\), on commence toujours par dire « \(e^x > 0\) » : cela élimine un facteur et, plus tard, cela donnera le signe de la dérivée.

Partie 5 · Dérivation et étude de fonctions

1) Dérivées à connaître

Propriétés
  • La fonction \(x \mapsto e^{x}\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(\big(e^{x}\big)' = e^{x}\).
  • Pour tous réels \(a\) et \(b\), la fonction \(x \mapsto e^{ax + b}\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(\big(e^{ax + b}\big)' = a\,e^{ax + b}\).
Démonstration du second point

La dérivée d'une fonction composée \(x \mapsto g(ax + b)\) est \(x \mapsto a\,g'(ax + b)\). En prenant \(g(x) = e^{x}\), pour laquelle \(g' = g\), on obtient \(\big(e^{ax + b}\big)' = a\,e^{ax + b}\).

Méthode — dériver une fonction exponentielle

Dériver les fonctions suivantes, définies sur \(\mathbb{R}\) :

\(f(x) = 5x - 2e^{x} \qquad g(x) = (2x + 3)e^{x} \qquad h(x) = \dfrac{e^{x}}{x^{2} + 1}\)

Correction

\(f\) — dérivation terme à terme : \(f'(x) = 5 - 2e^{x}\).

\(g\) — c'est un produit \(uv\), avec \(u(x) = 2x + 3\) donc \(u'(x) = 2\), et \(v(x) = e^{x}\) donc \(v'(x) = e^{x}\) :

\(g'(x) = u'(x)v(x) + u(x)v'(x) = 2e^{x} + (2x + 3)e^{x}\)
\(g'(x) = e^{x}\,(2x + 5)\)

\(h\) — c'est un quotient \(\dfrac{u}{v}\), avec \(u(x) = e^{x}\) et \(v(x) = x^{2} + 1\) donc \(v'(x) = 2x\) (et \(v(x) > 0\), donc \(h\) est bien définie sur \(\mathbb{R}\)) :

\(h'(x) = \dfrac{u'(x)v(x) - u(x)v'(x)}{v(x)^{2}} = \dfrac{e^{x}(x^{2} + 1) - e^{x} \times 2x}{(x^{2} + 1)^{2}}\)
\(h'(x) = \dfrac{e^{x}\,(x^{2} - 2x + 1)}{(x^{2} + 1)^{2}} = \dfrac{e^{x}\,(x - 1)^{2}}{(x^{2} + 1)^{2}}\)

Réflexe : on factorise toujours par \(e^{x}\) à la fin — c'est ce qui permettra d'étudier le signe de la dérivée.

2) Étude complète d'une fonction

Méthode — étudier une fonction exponentielle

Soit \(f\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x) = (x - 3)e^{x}\).

a) Calculer \(f'(x)\).  b) Dresser le tableau de variations de \(f\).  c) Déterminer une équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse \(0\).  d) Tracer l'allure de la courbe.

Correction

a) \(f = uv\) avec \(u(x) = x - 3\) donc \(u'(x) = 1\), et \(v(x) = e^{x}\) donc \(v'(x) = e^{x}\) :

\(f'(x) = 1 \times e^{x} + (x - 3)e^{x} = e^{x} + xe^{x} - 3e^{x}\)
\(f'(x) = e^{x}\,(x - 2)\)  ← la factorisation est la clé de la question b

b) Comme \(e^{x} > 0\) pour tout réel \(x\), \(f'(x)\) est du signe de \(x - 2\). La fonction affine \(x \mapsto x - 2\) a pour coefficient directeur \(1 > 0\) : elle est croissante, donc négative avant \(2\) et positive après \(2\).

\(x\)\(-\infty\)\(2\)\(+\infty\)
Signe de \(f'(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)
Variations de \(f\)\(-e^{2}\)

Le minimum vaut \(f(2) = (2 - 3)e^{2} = -e^{2} \approx -7{,}4\).

c) \(f(0) = (0 - 3)e^{0} = -3\) et \(f'(0) = e^{0}(0 - 2) = -2\). L'équation de la tangente en \(0\) est \(y = f'(0)(x - 0) + f(0)\), soit :

\(y = -2x - 3\)

d) On obtient l'allure suivante.

-4-3-2-11-8-7-6-5-4-3-2-112 (0 ; −3) tangente : y = −2x − 3 y = (x − 3)e^x
Courbe de \(f(x) = (x - 3)e^{x}\), son minimum en \(x = 2\) et sa tangente \(y = -2x - 3\) au point d'abscisse \(0\).

Partie 6 · Les fonctions \(t \mapsto e^{kt}\)

1) Dérivée et variations

Propriétés Soit \(k\) un réel non nul. La fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(t) = e^{kt}\) est dérivable et \(f'(t) = k\,e^{kt}\). De plus :
  • si \(k > 0\), la fonction \(t \mapsto e^{kt}\) est strictement croissante : c'est une croissance exponentielle ;
  • si \(k < 0\), elle est strictement décroissante : c'est une décroissance exponentielle.
Démonstration

On a \(\big(e^{kt}\big)' = k\,e^{kt}\). Or \(e^{kt} > 0\) pour tout réel \(t\) : le signe de la dérivée est donc celui de \(k\).

Si \(k > 0\), la dérivée est strictement positive et la fonction est strictement croissante ; si \(k < 0\), la dérivée est strictement négative et la fonction est strictement décroissante.

-3-2-112312345 k < 0 : décroissance k > 0 : croissance 1
Toutes ces courbes passent par le point \((0\,;1)\), puisque \(e^{k \times 0} = 1\).
Méthode — dériver une fonction du type \(t \mapsto e^{kt}\)

Dériver les fonctions suivantes, définies sur \(\mathbb{R}\) :

\(f(t) = 4e^{-2t} \qquad g(t) = (t + 1)e^{2t} \qquad h(t) = \dfrac{3}{e^{5t}}\)

Correction

\(f'(t) = 4 \times (-2)e^{-2t} = -8e^{-2t}\)
\(g'(t) = 1 \times e^{2t} + (t + 1) \times 2e^{2t} = e^{2t}\big(1 + 2t + 2\big) = e^{2t}\,(2t + 3)\)
\(h(t) = 3e^{-5t}\)  puis  \(h'(t) = 3 \times (-5)e^{-5t} = -15e^{-5t}\)

Réflexe : pour \(h\), on réécrit d'abord le quotient sous forme \(3e^{-5t}\) — beaucoup plus rapide que la formule du quotient.

2) Modéliser une évolution

Pourquoi l'exponentielle ? Une grandeur dont la vitesse de variation est proportionnelle à elle-même (\(f' = k f\)) est exactement modélisée par \(t \mapsto A\,e^{kt}\) : c'est le cas des intérêts composés, d'une population de bactéries, d'une dilution ou de la décroissance radioactive.
Méthode — étudier une situation concrète

Un échantillon radioactif a une masse \(m(t)\), en milligrammes, au bout de \(t\) heures. La physique donne \(m'(t) = -0{,}05\,m(t)\) sur \([0\,;40]\), et l'échantillon pèse \(200\) mg à l'instant initial.

1) Montrer que \(m(t) = A e^{-0{,}05t}\) convient, et déterminer \(A\).  2) Étudier les variations de \(m\).  3) Calculer la masse au bout de 10 h, puis de 24 h (arrondir au mg).  4) Déterminer la demi-vie de l'échantillon (arrondir à l'heure).

Correction

1) Si \(m(t) = A e^{-0{,}05t}\), alors \(m'(t) = A \times (-0{,}05)e^{-0{,}05t} = -0{,}05 \times A e^{-0{,}05t} = -0{,}05\,m(t)\) : l'égalité est bien vérifiée, la forme convient.

De plus \(m(0) = A e^{0} = A\), et l'énoncé donne \(m(0) = 200\), donc \(A = 200\) :

\(m(t) = 200\,e^{-0{,}05t}\)

2) Ici \(k = -0{,}05 < 0\) : la fonction \(t \mapsto e^{-0{,}05t}\) est strictement décroissante sur \([0\,;40]\), et \(200 > 0\), donc \(m\) est elle aussi strictement décroissante. La masse diminue — cohérent avec la situation.

3) À la calculatrice :

\(m(10) = 200e^{-0{,}5} \approx 121\) mg
\(m(24) = 200e^{-1{,}2} \approx 60\) mg

4) La demi-vie est le temps au bout duquel la masse est divisée par \(2\), soit \(m(t) = 100\). Avec le tableau de valeurs de la calculatrice (pas de \(0{,}1\)), on lit \(m(13{,}8) \approx 100{,}3\) et \(m(14) \approx 99{,}3\) : la demi-vie est d'environ 14 heures.

Réflexe : le signe de \(k\) donne le sens de variation, \(A\) se lit toujours en \(t = 0\) puisque \(e^{0} = 1\).

0510152025303540050100150200 demi-vie ≈ 14 h m(t) = 200 e^(−0,05t) t (heures) mg
\(m(t) = 200e^{-0{,}05t}\) : la masse est divisée par 2 toutes les ~14 h, quel que soit l'instant de départ.

Partie 7 · Exponentielle et suites géométriques

Propriété Pour tout réel \(a\) et tout entier naturel \(n\) : \(e^{na} = \big(e^{a}\big)^{n}\).
La suite \(\big(e^{na}\big)\) est donc une suite géométrique de raison \(e^{a}\) et de premier terme \(e^{0} = 1\).
Rappel Une suite géométrique de raison \(q\) et de premier terme \(u_0\) a pour terme général \(u_n = u_0\,q^{n}\). Elle est croissante si \(q > 1\) (et \(u_0 > 0\)), décroissante si \(0 < q < 1\) (et \(u_0 > 0\)).
Méthode — reconnaître une suite géométrique

1) Déterminer la raison et le premier terme des suites de terme général :

\(u_n = e^{5n} \qquad v_n = 3e^{-2n} \qquad w_n = -e^{\frac{n}{4}} \qquad z_n = e^{3n + 2}\)

2) Déterminer une expression de la suite géométrique de raison \(e^{2}\) et de premier terme \(5\), puis donner ses variations.

Correction

1) On cherche à écrire chaque terme sous la forme \(u_0 \, q^{n}\).

\(u_n = e^{5n} = 1 \times \big(e^{5}\big)^{n}\) : raison \(e^{5}\), premier terme \(1\).
\(v_n = 3e^{-2n} = 3 \times \big(e^{-2}\big)^{n}\) : raison \(e^{-2}\), premier terme \(3\).
\(w_n = -e^{\frac{n}{4}} = (-1) \times \left(e^{\frac{1}{4}}\right)^{n}\) : raison \(e^{\frac{1}{4}}\), premier terme \(-1\).
\(z_n = e^{3n} \times e^{2} = e^{2} \times \big(e^{3}\big)^{n}\) : raison \(e^{3}\), premier terme \(e^{2}\).

2) \(u_n = 5 \times \big(e^{2}\big)^{n} = 5e^{2n}\).

Comme \(e > 1\), on a \(e^{2} > 1\), et le premier terme \(5\) est positif : la suite est croissante.

Réflexe : pour la question 1, on isole ce qui ne dépend pas de \(n\) (c'est \(u_0\)) et on regroupe le reste sous la forme \((\ldots)^{n}\).

À quoi ça sert Cette propriété fait le pont entre le discret (une suite : une valeur par année, par heure…) et le continu (une fonction du temps). Une évolution à taux constant, décrite par une suite géométrique, se prolonge en une fonction \(t \mapsto A e^{kt}\) — et réciproquement.

À retenir

  • \(\exp\) est l'unique fonction dérivable sur \(\mathbb{R}\) telle que \(f' = f\) et \(f(0) = 1\). On note \(\exp(x) = e^{x}\), avec \(e \approx 2{,}718\).
  • \(e^{x} > 0\) pour tout réel \(x\) : à dire systématiquement pour étudier un signe ou résoudre une équation produit.
  • \(e^{x+y} = e^{x}e^{y}\), \(e^{x-y} = \dfrac{e^{x}}{e^{y}}\), \(e^{-x} = \dfrac{1}{e^{x}}\), \(\big(e^{x}\big)^{n} = e^{nx}\) — les règles des puissances.
  • \(e^{a} = e^{b} \iff a = b\) et \(e^{a} < e^{b} \iff a < b\) (l'exponentielle est strictement croissante).
  • \(\big(e^{x}\big)' = e^{x}\) et \(\big(e^{ax+b}\big)' = a\,e^{ax+b}\) ; on factorise par \(e^{x}\) avant d'étudier le signe.
  • \(t \mapsto e^{kt}\) : croissante si \(k > 0\), décroissante si \(k < 0\), toujours égale à \(1\) en \(t = 0\).
  • Une évolution telle que \(f' = kf\) se modélise par \(f(t) = A\,e^{kt}\), avec \(A = f(0)\).
  • \(\big(e^{na}\big)\) est géométrique de raison \(e^{a}\).